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Black Sabbath Headless Cross

Album revisité Headless Cross
Tel que paru dans le groupe Journal Pop Rock et Famille Rock, chronique sur Black Sabbath (#87)

 

par Mario Champagne

 

Ayant connu les affres d’une promotion moyenne ayant entraîné un insuccès absolu, Black Sabbath engage le batteur Cozy Powell (Rainbow) et s’attelle à la préparation d’un nouvel opus, leur 14ème album studio. Dans une indifférence probablement générale, il faut bien le dire : Seventh Star a moyennement marché après album The Eternal Idol qui a été un bide retentissant. Je ne dirai pas que tout le monde, en 1989, se foutait royalement de Black Sabbath, mais disons que le groupe était bien mal parti.

Produit par Tony Iommi et Cozy Powell (à peine arrivé, le batteur devient coproducteur), c’est pas mal comme promotion! Le disque, plutôt court car il ne dure que 40 minutes, a été enregistré à Leeds, Liverpool et dans le Berkshire, bref  pour Headless Cross. Tony Martin reste, avec sa voix d’imitateur de Lou Gramm (Foreigner) le chanteur, on ne s’en plaindra pas car le bonhomme, malgré ses intonations hard-FM, est un très bon chanteur ; Geoff Nicholls est à nouveau là, en tant que claviériste. Un certain Brian May, oui, le guitariste de Queen, offre le solo de guitare de When Death Calls. Quant à la basse, elle est signée d’un certain Laurence Cottle, qui n’est crédité qu’en musicien d’appoint, pas en tant que membre du groupe. Le mec a auparavant joué avec The Alan Parsons Project, et a fait partie d’un groupe de jazz-fusion. Il n’a pas vraiment la prédisposition à jouer du heavy metal, et d’ailleurs, il ne jouera jamais live avec le groupe.  Si The Eternal Idol a été massacré par la presse et a foiré au hit-parade, Headless Cross, sous sa pochette montrant une croix celtique en pierre décapitée au verso, comme le titre le prévoyait, à été très très bien accueilli par les fans, qui le considèrent encore aujourd’hui comme un de leurs meilleurs albums.

La presse a été dans l’ensemble très généreuse aussi avec ce disque très sombre, plus sombre que les deux précédents, mais les ventes, aux USA, furent assez moyennes quand même. C’est le premier album du groupe sorti sur le label I.R.S., label qui, hébergé au fil du temps par plusieurs distributeurs tels A&M ou MCA, avait signé REM, Wall Of Voodoo, Fine Young Cannibals, The Cramps ou The Fall.

Le groupe fut en effet viré par Warner et Vertigo en 1988, rapport aux ventes assez désastreuses de leurs précédents opus. Headless Cross n’a peut-être pas dû faire regretter à Warner ce divorce, car le disque n’a pas été un best-seller malgré les bonnes critiques. Il fait renouer le groupe avec les sonorités très Doom, on a des claviers, encore une fois, mais mieux utilisés que sur The Eternal Idol, et niveau paroles, c’est très orienté vers le satanisme, l’occulte ; c’est probablement le premier album du groupe à être entièrement basé sur ces thèmes, car d’ordinaire, seules quelques chansons éparses  (Disturbing The Priest, par exemple) sur les albums qui abordaient ces thèmes qui ont pourtant, dès le départ, posé la réputation sulfureuse du groupe.

Les morceaux sont vraiment excellents, très sombres, et comme pas mal d’albums du groupe, on y trouve un instrumental, ici en ouverture, The Gates Of Hell, une petite minute qui, par rapport au reste de l’album, ne sert évidemment pas à grand chose, mais qui est tout de même bien efficace. When Death Calls (avec, donc, un très bon solo de guitare de Brian May de Queen), Headless Cross, Nightwing, Call Of The Wild sont autant de chansons extrêmement bien produites, pas trop longues (le morceau le plus long dure 7 minutes, c’est celui avec Brian May), et surtout, très cohérentes entre elles, l’atmosphère générale de l’album est solide, Headless Cross fonctionne de ce point de vue-là bien mieux que les deux précédents opus.

Fan du groupe, cet album n’est pas un de mes préférés, aucun de la période Tony Martin n’en fait partie d’ailleurs, mais faut rendre a César ce qui lui appartient, mais c’est clairement leur meilleur album depuis Born Again (dont le seul défaut réside dans sa production/mixage ratée), voire depuis Heaven And Hell, carrément. Ce n’est pas parfait car même s’ils sont un peu moins envahissants que sur le précédent opus, les claviers sont quand même bien présents et vieillissent parfois assez mal, mais pour ce qui est du reste, Headless Cross est vraiment une belle réussite de heavy métal crépusculaire.

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

3 Comments

3 Comments

  1. Geo Giguere

    12 octobre 2019 at 11:45

    bien dit Mario !

  2. Ricardolanglois

    13 octobre 2019 at 1:33

    Quel plaisir de lire tout ca Un vrai bon analyste !!!

  3. Luc Falardeau

    14 octobre 2019 at 11:50

    Merci Mario d’avoir partagé. Un album que je ne connaissait pas. Intéressant. À écouter

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