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The Sparrow

The Sparrow

 

Par Louis Bonneville

The Sparrow et leur album live à San Francisco : l’origine du groupe Steppenwolf

Au début de 1966, le groupe canadien The Sparrow touche au succès avec une incursion dans la fameuse scène musicale du Greenwich Village de Manhattan. Il signe un contrat avec la Columbia Records et enregistre une vingtaine de chansons pour cette étiquette de juin 1966 à juillet 1967. À part en ce qui concerne deux 45 tours, ces sessions ne seront malheureusement jamais commercialisées sous forme d’album au cours de la courte existence du groupe.

À la fin de 1966, la formation s’attaque à la scène californienne. Ses passages sur le Sunset Strip de Hollywood, dans les nightclubs It’s Boss et Whisky a Go Go, sont remarqués. Mais c’est à San Francisco que le groupe prendra  vraiment son essor, là où il partage souvent l’affiche avec d’autres bands de l’heure – The Doors, par exemple. Sur les scènes du Avalon Ballroom, du Filmore West et du Matrix, The Sparrow devient de plus en plus psychédélique. On constate que le souci du groupe d’incorporer une approche mélodique modale et une rythmique à saveur jazzy blues shuffle n’est pas étrangère à sa rencontre avec les Doors. La chanson «The Pusher», écrite par le chanteur folk Hoyt Axton, est introduite dans le laboratoire musical scénique du band. Guidé par le texte évoquant les différentes drogues offertes par des revendeurs sur le marché illicite, le groupe intensifie ce propos avec une musique devenant de plus en plus expérimentale, voire stoned. Mais encore : il développe une fascination pour le travail du compositeur français Edgard Varèse, plus particulièrement de son œuvre marquante de 1958, Poème électronique. Décidément, la longue partie musicale introductive à «The Pusher» s’immerge de cette musique électroacoustique…

Peter Abram est le nouveau copropriétaire du Matrix. Son esprit consciencieux lui dicte l’idée géniale d’enregistrer fréquemment les prestations des groupes qu’il engage. Certains de ces rubans deviendront des albums live cultes, comme The Velvet Underground et The Doors. Si le mythique et éclaté journaliste Hunter S. Thompson a fait du Matrix son repère à San Francisco, il en découle un peu de même pour The Sparrow, qui y joue fréquemment. D’ailleurs, les spectacles du 9 au 11 et du 19 au 21 mai de 1967 seront captés sur ruban. À peine quelque mois plus tard, néanmoins, le groupe se morcelle et Steppenwolf est créé. Cette nouvelle mouture signe un contrat avec ABC Dunhill Records et obtient un fulgurant succès avec son premier album de 1968. On y retrouve «Born to Be Wild». Dans la foulée de cette manne générée par le groupe, Columbia Records commercialise en 1969 une partie de ses archives (toujours inédites sur album) sous le nom de John Kay & The Sparrow. Une version définitive verra finalement le jour en 2008 : The Sparrow – The Complete CBS Recordings 1966-67. Dunhill Records, pour sa part, récupère les bandes des concerts du Matrix pour créer l’album Early Steppenwolf qui sera aussi distribué en 1969. Le nom The Sparrow est toutefois écarté sur cet album. Même la date précisant la journée de l’enregistrement est erronée. En vérité, le groupe n’a jamais joué au Matrix le 14 mai 1967.

Peu importe tous ces détails nébuleux, cet album nous permet de découvrir ce groupe, et surtout on peut entendre l’écliptique «The Pushers» qui occupe une face complète du disque, étant donné qu’elle dure plus de vingt minutes. Cette pièce est à elle seule une expérience sensorielle unique du genre – un témoin pointu du San Francisco Sound de cette époque.

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

1 Comment

1 Comment

  1. Geo Giguere

    15 mars 2019 at 11:20

    Mes hommages a un redacteur minutieux et qui fignole son texte de facon admirable, bravos Luc B.

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