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Halen – Greenwood – Johnson

Les célèbres guitaristes
Article numéro 5

Par Normand Murray

Eddie Van Halen, l’innovateur du heavy métal.

Né en Hollande en 1955, sa famille déménage à Pasadena, Californie en 1962, le père était clarinettiste et saxophoniste pour une formation jazz hollandaise. À 12 ans, Eddie prend comme instrument la guitare en délaissant le piano. 1972 – rencontre avec David Lee Roth et le bassiste Micheal Anthony et forme le groupe Mammoth qui deviendra le légendaire groupe Van Halen.

Début fracassant avec le premier album avec comme titre Van Halen (1978 ) qui a un impact dès sa sortie sur la scène du métal avec des succès comme Running with the Devil, Ain’t Talkin et le célèbre hit des Kinks You really Got Me. Ses années de pratique nous révèlent une autre facette de genre de picking avec son célèbre Fingertapping qui consiste à prendre le manche de sa guitare comme étant un genre de clavier et de taper sur le manche des doigts de ses deux mains, détail lors des premières représentations, il tournait le dos à l’audience pour cacher sa technique, que bien d’autres ont repris par la suite. Et le son de sa Frankenstrat permettant des prouesses et des sons que seul sa guit pouvait faire avec les modifications apportées à cette Kramer à manche de Stratocaster. 1979 – sortie de Van Halen II avec le succès Dance the night Away.

Les années 80 débutent avec Women and Children First et Fair Warning (1981) qui mettront son coté acoustique avec la pièce Spanish Fly et ses formes d’harmoniques sur Women in Love. Dès lors, Van Halen confirme comme étant un des dix groupes des États Unis et une attraction sûre de remplir n’importe quel amphithéatre du pays et à l’étranger.

1982  – Diver Down avec la reprise du très célebre (Oh) Pretty Woman de Roy Orbison. Advient 1984, année du grand et énorme hit Jump qui propulse cette chanson comme numéro 1 sur bien des palmarès du Rock et même de la Pop. Tensions entre David Lee Roth et lui font qu’en 1985 le groupe est privé de son chanteur original et bien exubérant showman qu’est David Lee Roth.  Sammy Hagar devient le chanteur du groupe et arrive l’album 1015 en 1986 qui d’ailleurs est le nom de sa guitare, genre modifiée de sa Frankenstrat. Sa 1015 a seulement un pickup, un Paf Gibson Humbucker. La chimie entre la guitare d’Eddie et la voix de Sammy est évidente sur l’album Best of Both Worlds, les suivants comme Carnal Knowledge (1991) et le Love Right Here Right Now (1993) et Balance (1995).

Conflit de personnalité entre Haggar et Eddie,  le chanteur quitte le groupe durant un enregistrement pour le film catastrophe Twister.
Greatest hits Collection (1996) et retour sporadique de Roth comme chanteur sur seulement deux chansons alors remplacé par Gary Cherone pour Van Halen III (1998). Advient une suite de problèmes de santé pour Eddie Van Halen, un remplacement de hanche et un cancer de la langue. Longue période de guérison s’amorce.

2004 – Hagar revient et enregistrement du Greatest hits Compilation et une tournée suit. 2007 – introduction au Temple de la Renommée du Rock and Roll Hall Of Fame pour Eddie Van Halen et David Lee Roth sans toutefois la présence du bassiste du groupe Anthony et une tournée qui continuera jusqu’en 2008. Un clin d’oeil télévisuel avec en 2009, une brève apparition dans la série culte Two and a Half Man dans une scène où il joue de la guitare dans une toilette. 2012  – Tatoo et a Different Kind of Thruth avec David Lee Roth exposant son coté acoustique de son jeu de guitare.

Classé 8ème meilleur guitariste au monde selon Rolling Stone Magazine en 2003. Faits et moments individuels assez inusités de sa carrière, guitariste de Micheal Jackson sur le célèbre Thriller (1984). Coté matrimonial assez intense, son divorce avec Lisa Bertinelli (2007) qui lors des procédures de divorce intenté en 2005 lui a emprunté temporairement toute sa collection de guitares, de quoi inciter à régler le tout au plus vite!

Ses joyaux à six cordes  – je n’énumererai pas toute sa collection vu le nombre impressionnant qu’il possède, allant du modèle Charvel à manche Fender Stratocaster, des Ibanez, des Wolfgang, des Ernie Ball et bien sûr, des Lespaul de Gibson. À noter sa première guitare, une Silvertone 1457 filiale de Danelectro deux pick ups. Sa carrière ayant été un vrai roman savon entre les chanteurs ayant évolué à ses cotés. Ce guitariste de renommée mondiale a été un des joueurs majeurs de la scène métal avec son style particulier et demeurera à jamais présent dans le monde du Rock. Jump forever mister Eddie!

 

Jonny Greenwood, Radiohead man et ‘film man’ de renom.

Guitariste anglais né en 1971 ou devrais-je dire, multi-instrumentiste ayant le registre de jouer toutes les formes de claviers et autres instruments tels le xylophone et l’harmonica. Sa virtuosité, son style non conventionnel fait de lui un autre innovateur de la musique UK. Chose assez révélatrice de son grand talent, David Gilmour, guitariste de Pink Floyd, est un fan inconditionnel de ce prodige. 1986 – départ de son association avec Radiohead, qui originalement se nommait On a Friday qui par la suite, Greenwood a vu les membres quitter pour l’université et retour en 1991. Le nom de Radiohead advient lors de la signature d’un contrat avec EMI Records.

1993 – premier CD avec Pablo Honey qui a une atmosphère instrumentale, qui avec des changements multiples d’atmosphères dans la chanson Creep, qui est à contre courant de son jeu de guitare plus agressif même grunge.

1995 – The Bends avec la composition d’être assez mélancolique avec des vocalises qui s’entremêlent de sa proposition de ses arrangements plus denses de guitare. Avec cet album bien qu’ils consolident leur place avec une loyauté de nouveaux fans du groupe, trois chansons de cet album deviendront des UK hit singles et se font une place sur le palmarès américain. Suit une tournée mondiale avec comme première partie de la tournée de REM Monster, de quoi bâtir une solide réputation vu l’audience assez réceptive à leur style de musique.

1997 – une phase importante du groupe avec le célèbre OK Computer avec son coté émotionel et très minimaliste avec des structures de guitares, genre mélodies pop et rythmes mécaniques, ce qui est dans la norme des compositions de années 90. Introduction du clavier genre assez particulier des Ondes de Martenot fantomatique dans ses variantes de son, si il en est un.

Les années 2000 – création du CD Kid Amnesiac, une approche plus légère dans le mode de compositions mise à part le I Might be Wrong. 2003 – Hail to the Thief, complexe et à la fois un retour à la formule familière d’antan de Radiohead. Après une pause du groupe en  2007, vu probablement les à-côtés de sa carrière solo, il vient faire revivre Radiohhead avec In Rainbows, qui permet de dire que l’énergie brute des spectacles vient se projeter dans cet album avec une plus grande place de la guitare de Greenwood.
Carrière solo assez chargée avec Body Songs (2003) avec abstraction de la guitare sauf pour deux pièces de cet album. 2004 – assigné comme compopsiteur à résidence de la BBC, qui lui vaudra de multiples honneurs dans le monde musical de films avec pas moins de 5 trophés de la part des intitutions du film de San Diego, Washington et Chicago en 2012 et en 2014 à Los Angeles, mecque du cinéma américain ainsi qu’à Boston de Meilleure Musique de film, du Film Critic Association avec la trame sonore du thriller policier The Inherent Vice.

2011 – sortie sous le couvert de la série We Need to Talk About Kevin, une suite de 7 autres CDs,  le dernier en liste étant The Ivors

2019  – encore acclamé Meilleure trame musicael de l’industrie du cinéma.

Jonny Greenwood, ce guitariste plutôt multi-instrumentiste a flirté avec le monde du cinéma comme bien peu l’ont fait. Avec bien sûr tous les honneurs y découlant de son immense talent de visionnaire, de mettre de la musique sur les images de multiples films. P.S: Même Harry Potter a eu droit à sa participation en jouant de la guitare dans le film Harry Potter et la Coupe de Feu (2005), pour les profanes d’Harry Potter.

Attardons-nous maintenant sur sa collection de guitares, qui va de la Fender Stratocaster la Plus à la Gibson Les Paul et également sa Rickenbaker 360 Fireglow, coté acoustique, la Martin D 35 est celle qu’il choisit dans ses enregistrements et performances live.

De dire ce qu’il est au juste, est assez large dans sa prestance dans bien des domaines connexes, allant du monde musical solo et Radiohead et du film, un autre qui se  mérite l’appellation de génie sans contredit.

 

Robert Johnson, le créateur du Delta style Blues

Probablement un modèle de tout ce qui se fait comme guitariste étant donné qu’il est le créateur du Delta style Blues. Établissant les bases de toutes notes pouvant se faire sur un manche. Né en 1911, lui qui est mort à l’âge maudit de 27 ans, le premier dirons-nous. Lui qui n’a enregistré que 29 chansons!
Chansons qui reflétaient les rêves, les cauchemars, la croisée des chemins qui révélaient un coté assez sombre du coeur de Johnson avec des paroles avec une éloquence frissonnante de vérité que personne auparavant n’avait osé faire.
Cette légende a forgé bien des vedettes du Rock et Blues bien sûr, ceux des sixties avec des guitaristes célèbres tels qu’Eric Clapton et Keith Richards qui lui vouait une admiration sans bornes, qui avait écouté son album de 1962 King of the Delta Blues. Rajoutons que bien des mythes se sont collés à sa personne plus que la réalité de ce qu’il était en vérité, qui en ces temps-là n’avait aucune image filmée de sa vie mise à part quelques photos.

Juste pour commencer, ses chansons ont été reprises bien souvent par Clapton avec un succès tel que Rambling on my Mind avec John Mayall et les Bluebreakers. Même The Cream a pris du répertoire à Johnson comme quelques grands succès,  Cross Road Blues, Travelling Riverside Blues et Croassroads, des tournants de la carrière des Cream. Les Rolling Stones n’étant pas en reste avec Love in Vain qui fut comme une réinvention musicale des Stones vers la fin des années 60.

Le mythe et la légende concernant Jonhson avaient commencé bien avant ses premiers enregistrements. Son adolescence fut un apprentissage avec d’autres guitaristes et harmonicistes qui l’avaient précédé, des légendes comme les doyens du Blues tels Charlie Patton, Son House et Willie Brown. Après cet épisode de sa vie il disparaît pour deux ans, il retourne avec une amélioration dramatique dans sa façon de manier l’instrument. Un autre coté de sa notoriété était que le doute planait sur lui, qu’il avait vendu son âme au diable, vu le talent soudain qu’il avait mis en oeuvre. Avec des succès sans contredit de grands classiques du Blues, comme le célèbre encore une fois Cross Road Blues. Rajoutons bien sûr Preaching Blues (Up Jump the Devil), Stone my Passway, Hellbound on my et Me and the Devil Blues Trail, ce qui lui valu cette réputation d’avoir vendu son âme au diable en ces années, il n’en fallait pas plus. Le film Croassroad version 1986 explorant d’un guitariste d’avoir fait un pacte avec le Diable de la trame dramatico diabolique de ce film en mode électrique bien sûr. Certaines similitudes de la vie de Johnson y étant projetées.

 

Même aujourd’hui, bien des guitaristes ne peuvent maîtriser son niveau, particulier, de jouer la guitare. Le peu de photos de Johnson découvertes nous disent qu’avec la longueur de ses doigts, c’est physiquement impossible qu’un guitariste ayant des doigts normaux ne peut faire ce qu’il fait. Si on veut un comparatif avec notre ère, bien il suffit de regarder Pat Metheney ou le bassiste Jaco Pastorius, des merveilles du Jazz pour comprendre du monde étant apte de faire quoi du haut du manche, aller te chercher six frettes, si tu n’as pas la longueur suffisante de le faire, impossible mission, même avec tout le bon vouloir de tenter de le faire. Mais avant toute chose, personne ne peut vraiment définir sa source d’inspiration, le Diable étant quoi? Une partie de son inspiration diront les fans du mythe à tendance diabolique de cette vraie légende par qui le modernisme de la guitare est né. En délaissant la forme classique de l’instrument.

Johnson n’a enregistré seulement que deux fois entre 1936 et 37 et plus d’une dizaines d’albums fut des reprises de ses enregistrements. Trois albums notables Terraplane Blues parût en forme de 78 tours, Premier Greatest Hits vers la fin des années trente et le titre de Terraplane était la marque de son automobile modèle 1936. Les autres que je vous recommande sont The Complete Recording parus en 1990, le plus complet avec 41 chansons avec des reprises en double des enregistrements fait en forme singles, plus près de notre temps avec 13 chansons Black Prince of Drakness (2006), encore un titre évocateur du Diable.

Le destin tragique concernant sa mort était qu’il avait été empoisonné par un mari jaloux lors d’un spectacle dans une petite boîte près de Greenwood au Mississipi en 1938, mort dû à une crise cardiaque par la suite. Particularité assez spéciale, il a trois sépultures réparties dans trois cimetières différents. Tous ses ardents disciples n’ont pas touché à ses compositions plus diaboliques dans leur titres et textes, mais néanmoins, ses compositions telles I Beleive I’ll Dust My Broom, Sweet Home Chicago, Come In my Kitchen et Walking Blues sont tous devenues des standards du répertoire du blues toujours refaits. Malgré sa courte vie, l’histoire a fait de lui un éternel héros de la guitare et demeurera gravé à jamais dans toutes les mémoires comme étant la référence indiscutable de la créativité, encore une fois, de l’évolution dans le monde fabuleux de la guitare.

Il n’y a pas de vidéos le montrant live, mais voici deux documentaires sur lui  :

https://archive.org/details/CantYouHearTheWindHowlrobertJohnsonStory

https://archive.org/details/THESEARCHFORROBERTJOHNSON

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

1 Comment

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  1. Geo Giguere

    31 août 2019 at 11:14

    quelle belle serie tres bien documenté. bravos Normand Murray!

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