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Jim Morrison bio analysée

Jim Morrison Personne ne sortira d’ici vivant

de Jerry Hopkins et Daniel Sugerman

Edition Robert Laffont 482 p.

Analyse de Ricardo Langlois

Écrire? C’était sa première idée avant même de devenir un chanteur de rock. Jim Morrison a suivi des cours de philosophie. Les esprits critiques sceptiques, opposés à la tradition philosophique. Il pouvait parler pendant des heures avec un prof sur la philosophie de Nietzsche. Jim Morrison avait déjà son idée sur l’être humain. Ses exposés en classe surpassaient tout ce que l’on peut imaginer. Ça c’est une facette. Vous en voulez plus? Il était prêt à faire du stop pour Mary (sa première blonde). Il était toujours fasciné par son innocence, intimidé par sa virginité psychologique et physique (p 69).

Jim Morrison était beau comme un Dieu et il le savait depuis l’université. Il avait le look : cheveux longs, t-shirt, jeans. Il dormait peu, mangeait peu, sinon pour gober de l’acide. Parce que c’est ça aussi un poète. Il disait qu’il avait eu une illumination comme le poète Rimbaud. Le Rock’n’Roll, il l’avait visionné dans son inconscient. Tout le concert rock était déjà dans sa tête. Les mots c’est la matière (la structure, l’architecture, l’évolution de la sensibilité, l’approfondissement de la poésie). Les fouilles sans fin de la mémoire. En 1965, il écrit Hello I love You et trois ans plus tard, un hit international. Mais, Jim est tourmenté. Peut-on aller au-delà de l’image physique et mentale? End of the Night (la fin de la nuit) lui fut inspiré par le Voyage de la Nuit de Céline. Même une chanson simple pouvait prendre un sens expérimental. Les visages sont laids quand tu te sens seul dans People are Strange (les gens sont étranges).

La rencontre avec Ray Manzarek

C’est Ray, le claviériste qui a eu l’idée de former un band avec Jim. Pourquoi ne pas écrire des chansons? Ils se rencontrent par hasard sur une plage… Les yeux fermés, Jim lui chante lentement Allons nager jusqu’à la lune uh huh. Allons grimper sur la marée, Pénétrer cette soirée où la ville s’endort pour se cacher… Ray était fou de joie. Émerveillé par son talent, il dit on lance un groupe de rock et on fait un million de dollars. Jim, c’est exactement ce que je pensais. L’idée du nom des Doors lui est venu à la lecture de Les Portes de la Perception d’Aldous Huxley. Ouvrir les portes de la perception (passer de l’autre coté, prendre la route jusqu’au bout de la nuit, chevaucher le Serpent). Il avait développé son propre vocabulaire avec l’acide (en complément). Évade toi de l’autre côté. En peu de temps, il avait au moins 25 bonnes chansons dont The End (écrit en 66) mais devient une œuvre magistrale : Voici la fin, ma belle amie, voici la fin, ma seule amie. La fin de nos plans si détaillés la fin de tout ce qui existe, la fin ni salut ni surprise, la fin…Jamais plus je ne verrai tes yeux… De plus Jim aimait bien jouer la carte du sex-symbol : il se brandissait un foulard noir, théâtral, le drapait sur le micro et se caressait le visage d’un geste sensuel. Il est unique dans son style : la voix mi-ténor mi baryton, un peu rauque et inégale mais sensuelle. Il chantait souvent dos au public. Mais Jim se veut provocateur comme Rimbaud, le regard furieux, les jambes écartées…vêtu tout de cuir. Il chante avec angoisse (troublé, amorphe) Mon père? Oui mon fils J’ai envie de te tuer. Mère j’ai envie de te baiiiiseeeer!

La faute à Nietzsche

Pourquoi chanter un tel texte? À cause du livre La Naissance de la Tragédie (Œdipe, meurtrier de son père, mari de sa mère lui qui a résolu l’énigme du Sphinx. Sophocle avait d’Œdipe une image romantique et pour Nieztsche la représentation grecque de la douleur incarné). L’album The Doors et leur 45 tours Break on Through sortirent en même temps pendant la première semaine de janvier 1967. The Village Voice voit en Morrison, un voyou monté au paradis et réincarné en enfant de chœur (p 168). C’était l’époque du festival pop de Monterey, on avait oublié les Doors. Jim buvait et partait pour de longues promenades solitaires dès son réveil.

Jim est un poète et il le sait trop bien. Il fait confiance au langage, il cherche à nous mener quelque part. Pousser une figure de style. Construire par anaphore des résonances, c’est appeler la Vérité de toutes ses forces. Jim sait intérieurement qu’il est plus qu’un chanteur de rock. Les Beatles ont acheté dix exemplaires du disque. Pendant ce temps, sa vraie blonde Pamela cherche une maison. Les Doors font des concerts avec Simon and Garfunkel. Jim buvait et s’endormait avec ses pantalons de cuir. Pamela était un ange gardien pour lui même si il devenait parfois violent. Le premier album The Doors s’est vendu à plus d’un million, même chose pour le 45 tours, Light my fire. Ce double exploit commercial met les Doors à la première place.

La quête  (par la poésie)

Au journaliste du Time, Jim parle de théâtre rock, où la musique se mêle à la structure d’un drame poétique. Nous nous cachons dans la musique afin de nous dévoiler. Pendant une séance de photos à New York, on lui demande à quoi voulez-vous ressemblez? Il lui montre une page arrachée à un livre d’histoire avec la photo d’une statue, À Alexandre le Grand (p 198). Avant même la sortie du 2ème album, 500 000 exemplaires du l’album était commandé. Le Los Angeles Free Press décrit le groupe ainsi : les Doors est plus surréel que psychédélique. Plus empreinte d’angoisse que d’acide, les Doors sont les sorciers de la culture pop. Morrison est un ange exterminateur. À la sortie de l’album Waiting for the Sun (En attendant le soleil), Jim avait voulu réciter de courts poèmes entre chaque chanson. Mais le projet était trop ambitieux. C’est plus tard, après quelques tournées, qu’il décide d’écrire son premier livre de poésie : Seigneurs, 82 observations à la manière de Rimbaud format 21 x 27. Puis un deuxième, Nouvelles Créatures (42 pages imprimés sur du papier jaune), ses poèmes sont délirants : des images de douleur de mort. Il faut dire que Jim n’était pas lui-même. Il avait l’air de Che Guevara avec une barbe. Sur le quatrième album, The soft parade, il interprète un poème. C’était le nouveau Jim Morrison, au charme innocent, ruisselant de poésie. Puis avant de partir pour le paradis, Jim Morrison a voulu réaliser le poème celui d’habiter à Paris, le pays de Rimbaud, Céline et Baudelaire. Son exil idyllique avec Pamela fut bref, Jim ne buvait presque plus. Il écrivait de la poésie dans des carnets. Il partait le matin faire de longues promenades solitaires. Mais Jim avait recommencé à boire et il fumait sans arrêt.

Est-il vraiment mort d’une overdose dans les toilettes d’un club?

Est-il mort dans son bain suite à une crise cardiaque?

Chose certaine, il rejoint le club des 27, il est mort le 3 juillet 1971 à Paris.

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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