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Kurt Cobain bio analysée

KURT de Danny Goldberg
Édition Kero 333 pages Traduction de Serving The Servant, 2019

 

Biographie analysée par Ricardo Langlois

Kurt Cobain c’est mon idole. D’entrée de jeu, j’ai pas mal tout lu sur cette icône du rock et du grunge. Et pourtant je reste toujours sur ma faim. 2019 marque les 25 ans de sa mort et une nouvelle biographie de Danny Goldberg, manager de Nirvana de 1990 à 1994, prend enfin la plume pour nous raconter de l’intérieur les années qui l’ont marqué à jamais. Dès la page 88, on dit ceci ; Écouter Black Sabbath était un plaisir coupable pour beaucoup dans le milieu du punk rock. Kurt continuait de se retirer de temps en temps dans son monde pendant les sessions. Il avait toujours un nuage noir qui pouvait s’abattre sur lui. Il luttait constamment contre des périodes de dépression.

Pour décrire l’album Nevermind, on trouve cette citation ; j’aime les paroles différentes, un peu bizarres et qui peignent un joli tableau. C’est comme ça que j’aime l’Art. L’auteur fait un parallèle avec la chanson Like a Rolling Stone de Bob Dylan. 18 jours après sa sortie, Nevermind fut déclaré disque d’or (500 000 copies). Les critiques parlaient d’un revival d’un rock américain dotée d’une vraie profondeur.

KURT manipulé?

Courtney Love était surnommée Yoko. À mes yeux, la comparaison relevait du compliment. Je suis un fan de Yoko Ono et selon moi, elle joua sans nul doute un rôle majeur dans l’orientation politique et philosophique de la carrière de John Lennon. La presse spécialisée laissait parfois entendre que Courtney Love manipulait Kurt (p 138). Ils s’appelaient tout le temps John et Yoko. Il entrait dans une colère noire quand on manquait de respect à Courtney. Mais Kurt était vraiment un passionné. Il ne sortait pas pour faire la fëte. C’était un casanier qui travaillait à toute heure du jour et de la nuit. Il était toujours en train de créer. Il grattait sur sa guitare. Il voulait être comme les Beatles. Il peaufinait. Kurt traînait souvent avec Hole (le band de Courtney). Il était complètement habité par son art.

Nirvana ouvre un nouveau chapitre : il a modifié les mentalités des radios américaines et même la manière dont les gens s’habillaient (je me rappelle j’étais étudiant à l’Uqam, je portais la chemise à carreaux et les Doc Marteens). Kurt et Courtney étaient toujours ensemble et pendant les jours de repos, Kurt terminait le montage du clip de Come as You are. Si on retourne en arrière, Nevermind est un album particulier, un hybride entre la culture punk et le mainstream comme jamais personne n’avait exploré avant lui. Et le prix à payer? On me reconnaissait partout où j’allais. J’ai recommencé à faire des rêves dans lesquels j’étais nu, signe classique d’anxiété (p 171).

KURT, l’échappatoire

Il change constamment d’attitude, de couleurs de cheveux, de guitare, de poids. À cause d’une maladie d’estomac qui l’empëche de se nourrir et lui donne l’envie de mourir afin de mettre fin à ses brûlures et vomissements incessants. Entre la fin de 1992 et la sortie de In Utero en septembre 1993, une certaine distance se creuse entre les membres du band. Cobain a d’autres chats à fouetter. Vanity Fair révèle que son épouse Courtney Love, aurait pris de l’héroine pendant sa grossesse sous peine de perdre la garde. Le groupe dès lors, intente des procès qui lui coûtent une fortune et le forcent à s’entourer d’avocats, de managers. Tout cela à un coût et Nirvana est condamné à vendre des disques. In Utero qui sera le premier et le dernier album de Nirvana, a montré à quel point Nirvana était un grand groupe de rock. Déjà le riff Serve The Servants, son solo plein de nonchalence et cette première ligne digne d’un Lou Reed. (Teenage angst has paid off well Now Im bored and old). Nevermind était violent, In Utero se montre agressif et angoissant. Le son des guitares est magique, épais, crunchy à souhait. La batterie puissante et monolithique. Enfin Kurt Cobain montre qu’il sait jouer de la guitare. Si Nevermind est le classique, In Utero est sa grande œuvre tout comme le MTV Unplugged in New York qui est selon moi leur meilleur.

KURT ouvre la porte aux gays

Axl Rose est devenu l’ennemi à abattre dans le cœur de Kurt Cobain. D’abord aux MTV Music Awards, Axl s’en est pris violemment à sa femme T’as intérêt à faire taire ta femme, sinon je te casse la gueule. Kurt ébranlé : Tu vas faire quoi? Me tabasser? Axl en rajoute : T’es une honte pour tout le monde, ta femme, ton père et moi… Plus tard, sur scène, un jeune de 18 ans tenta de calmer le jeu. Salut tout le monde, je défends pas Axl et je défends pas Kurt non plus. Il faut choisir son camp Laissez tout le monde s’exprimer, les mecs, même le hard rock, même Nirvana…Kurt écoute attentivement, il s’approcha du micro, pose la main sur son épaule et lui parle comme un grand frère ; Mais tu ne peux pas apprécier une rock star qui apparemment aime bien frapper les femmes, les contrôler, leur dire de fermer leur gueule, quelqu’un qui est raciste et homophobe! (p223). Dans la chanson All Apologies : qu’est-ce que je peux dire d’autre? Tout le monde est gay.

Puis il y a eu cette rencontre avec le magazine LGBT Advocate : je l’ai trouvé intelligent, drôle, sarcastique. Être la plus grande star du rock du monde ne lui a pas donné la grosse tête. Kurt confia plus tard : pendant un moment, j’ai cru que j’étais gay parce que je n’étais attiré par aucune fille de mon école. Elles avaient des coiffures affreuses et des attitudes débiles (…) mais je suis attiré sexuellement par les femmes (…) Je suis certainement gay en esprit, et je pourrais sans doute être bisexuel (p 227).

KURT, le nouveau John Lennon

J’ai passé du temps avec Kurt à l’automne 1992 entre la sortie de Nevermind et celle d’In Utero, Kurt était la plus grande rock star du monde. Je le considérais comme un vrai génie, le John Lennon de notre génération. Il a accompli plus de choses en très peu de temps que la plupart d’entre nous pendant toute leur vie. Kurt était différent à l’instar de Bowie quand il abandonna Ziggy Stardust, de John Lennon chantant the Dream is Over après avoir quitté les Beatles. Kurt déconstruisait le personnage qui l’avait rendu célèbre. Après son suicide, lors de la cérémonie religieuse, Courtney a lu un extrait de l’Écclésiaste : Il y a un temps pour tout Un temps pour naïtre et un temps pour mourir. La cérémonie s’est clöturée avec la chanson In My Life de John Lennon.

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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