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Lennon Remembers livre analysé

JOHN LENNON, Beatle et Prophète !!!
Lennon Remembers de Jann S Wenner
Ed White Star, nouvelle édition 2008, 168 pages.
8 sur 10

Par Ricardo Langlois

 

Lennon est le Beatle, le plus sous-estimé selon moi. Je pense sérieusement à sa teneur éthique. L’artiste a connu la brisure, la guérison par Yoko et la dimension tragique de la condition humaine. Il déclare dans une entrevue: Je suis un artiste et mon art, c’est la paix. Je l’ai dit souvent dans mes articles, à quel point la musique m’a sauvé la vie. Avec les Beatles, après Revolver, Sgt Pepper’s et l’album Blanc. Imaginez l’homme, Lennon, en position de lotus en train de méditer longuement, imaginez son visage, celui d’un sage oriental, qui te conseille de reformer, aucun préjugé quant à la réalité ou l’irréalité de l’existence. L’homme se démultiplie… la musique naït sous ses doigts… Le Grand John, nouveau prophète, je le découvre entre un disque de Black Sabbath et d’Emerson Lake and Palmer. Ma rencontre avec John est bouleversante.

 

Je vous parle de Lennon Remembers, l’entrevue inédite à la revue Rolling Stone en 1970. En ouvrant le livre, le manuscrit de God, Dieu est un concept grâce auquel nous mesurons notre douleur, je le répète, Dieu est un concept grâce auquel nous mesurons notre douleur… Jann Wenner retranscrit avec un certain malaise : Notre souffrance est la souffrance qu’on endure tout le temps. Et je pense que plus la souffrance est grande plus on a besoin des dieux (p.9). L’album John Lennon-Plastic Ono Band (1970) est son premier vrai solo album. Introspectif et expérimental. Le premier opus est son meilleur.

EXPÉRIENCE DE L’HÉROINE

L’héroine. C’était juste pas marrant. Je ne m’en suis jamais injecté. On en sniffait un peu quand on souffrait vraiment, je veux dire on ne pouvait pas. Les gens nous en faisaient tellement baver. On s’en est pris plein la gueule et particulierement Yoko, On a pris de l’héro à cause de ce que les Beatles et leurs amis nous faisaient. Et on en est sortis (p 19)

DYLAN (Like a rolling stone…)

Ce qu’il pense de New Morning (sorti en 1970) : j’attends davantage de lui. Peut-être que j’attends trop des gens. Je n’ai pas vu un seul disciple de Dylan depuis qu’il a arrêté de faire du rock. J’aime bien Like a Rolling Stone et les quelques trucs de cette époque. (Avis aux lecteurs, c’est Dylan qui a demandé à Lennon d’écrire des chansons à textes. Revolver a été le virage majeur dans la discographie des Beatles).

A PROPOS DE PAUL

Avec Paul, nous avons vu Let it Be ensemble à San Francisco. Qu’est ce que ça fait ? J’étais triste. Le film a été conçu par Paul pour Paul. C’est l’une des raisons principales de la fin des Beatles parce que… les caméras étaient disposées de façon à montrer Paul et à ne pas montrer les autres…

LE GÉNIE, C’EST JOHN

La journaliste ose lui demander si il est un génie. Quand j’avais une douzaines d’années, je me disais, je suis un génie, soit, je suis un génie, soit je suis fou, alors… Mais je le pensais quand j’étais gamin, en écrivant mes poèmes et en faisant mes peintures… J’ai été comme ça toute ma vie. Le génie c’est de la souffrance aussi….(dans ma tête à moi j’ai fait un parallèle avec Jim Morrison dans La Célébration du Lézard, long poème du jeu qu’on appelle Devenir Fou (voir Une prière américaine de J Morrison Collection 10-18)

LES BEATLES CONTRE YOKO…

Il y a vraiment des imbéciles qui croient vraiment que Yoko a provoqué la séparation des Beatles. Il suffit de citer Paul, tu peux retrouver ses déclarations dans les journaux. Il l’a dit plein de fois. George l’a insultée devant elle dans les bureaux d’Apple au début, franc et direct. Même Dylan, qui prétend que tu n’avais pas très bonne réputation à New York et que tu avais fait mauvaise impression. Je n’ai rien à foutre de toutes ces conneries sur Hare Krishna et Dieu et Paul… Je ne leur pardonne pas.

ÉCRIRE POUR LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Paradoxe, paradoxe??? La peur de ne pas être à la hauteur. Comme les grands créateurs, Lennon doute de lui-même. Après Rubber Soul, un vent de changement s’installe pour les Beatles. Il dira  comment dépasser Beethoven ou Shakespeare ou je ne sais qui. Pourquoi personne n’écrit quelque chose pour le peuple d’aujourd’hui? Cet espoir c’est la chanson Working Class Hero. Je pense que son concept est révolutionnaire. Puis plus loin en entrevue, il parle d’Across the Universe, chanson qui a idéalisé le mouvement de la contre-culture, c’est l’un des meilleurs textes de chansons que j’ai jamais écrit. En fait c’est peut-ëtre le meilleur. C’est de la bonne poésie. Sans l’air, ca tient toujours. Elles n’ont pas besoin de mélodie. Ce sont des poèmes, on peut les lire.



L ‘ALBUM SGT PEPPER

Tu m’as dit que le grand album, c’était Sgt Pepper. John insiste (p.128) c’est un sommet, Paul et moi travaillions vraiment ensemble surtout pour A Day in the Life. C’était un vrai… La manière dont on écrivait très souvent, c’était qu’il rédigeait la partie qui venait facilement, comme I Read the News Today, Boy.

Il y a celle-ci le LSD, Lucy in the Sky, je le jure devant Dieu ou devant Mao ou devant qui tu veux, ce n’était pas voulu. Il parle aussi qu’il préfère l’Album Blanc, parce que ma musique est meilleure parce que je suis moi-même dessus. Je n’aime pas tellement les grosses productions, mais Sgt Pepper était un sommet d’accord.

JE SUIS MOI… JE NE SUIS PAS LES BEATLES

À la presque toute fin de l’entrevue (p 150),  la question qui tue? C’est toi les BEATLES… John est insistant, Non je suis pas les Beatles, je suis moi. Mais personne n’est les Beatles ni Dick James. Les Beatles sont les Beatles et séparés, ils sont séparés On avait tous nos rôles à jouer (pause) George était un chanteur et il avait son propre groupe avant de nous rejoindre… Je ne crois pas au mythe des Beatles. C’était un rêve… C’est tout, je ne crois plus aux rêves. Plus loin il avoue ne pas écouter la musique depuis qu’il écoute la radio. Il aime Neil Young (l’album After the Gold Rush). Van Morrison qu’il trouve excellent, Creedence Clearwater, ils font du bon rocknroll. Je m’intéresse autant à la poésie ou à l’art ou que sais-je? J’ai toujours cherché à être Shakespeare.

Je pense aussi qu’à cette époque le monde entier en voulait à Yoko à cause du contexte de l’époque. Yoko était surnommée Dragon Lady parce qu’il aimait une femme plus âgée. On pensait que John était devenu fou, lui qui voulait et qui rêvait d’un monde de paix universelle. L’entrevue a ses imperfections, mais il faut la prendre telle qu’elle, (selon la journaliste du Rolling Stone).

CONCLUSION (Hommage à John)

Imaginez 100 000 personnes rassemblées dans Central Park le dimanche 14 décembre 1980 à 14h à New York. Imaginez-les debout, les bras levés, le majeur et l’index tendus en V, les autres doigts repliés en signe de paix. Cent mille personnes, dix minutes silencieuses après que la musique de Give Peace A Chance s’est tue dans les haut-parleurs.

NOTES DE L’AUTEUR

UN  – J’ai insisté beaucoup sur les bienfaits de la méditation transcendantale puisque j’ai voulu dans ma présentation: imaginer l’homme méditant sur son avenir flamboyant en particulier sur l’album Blanc et Sgt Pepper’s de même que sur ses albums solos. Malgré l’arrogance de l’entrevue, John aimait prier pour l’humanité. Que dirait John de notre époque: l’obsession de l’image, la vie virtuelle contre la vie réelle. Le monde à la merci des réseaux sociaux? Où est ce monde meilleur, que s’est-il passé? Avons nous vraiment atteint le bonheur dans notre vie de tous les jours?

DEUX  –  1970, l’année des meilleurs albums ? Black Sabbath-Paranoid — Neil Young – After the gold rush — John Lennon et le Plastic Ono Band — Led Zeppelin 3 — George. Harrison – All things  must pass – – Beatles – Let it be — CSN&Y – Déja Vu – – Black Sabbath 1– Deep Purple-In Rock — Pink Floyd – Atom heart Mother.

Quelle époque !!!

INFOGRAPHE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
ASSISTANTE RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
RÉDAC’CHEF: GÉO GIGUÈRE

6 Comments

6 Comments

  1. Geo Giguere

    6 septembre 2018 at 2:58

    bravos Ricardo frappe un autre coup de circuit au champ centre. Cest Lennon qui doit lire ca au paradis des grands!

  2. Daniel Cayer

    9 septembre 2018 at 7:48

    Je croyais que le Beatle le plus sous-estimé était Ringo! Mais s’il y a une artiste sous-estimée, c’est bien Yoko Ono. Son premier album dont la pochette est semblable à Plastic Ono Band est un classique de l’ère pré-punk. Aussi l’album Sometime in New York City de John & Yoko est aussi très bon.

  3. ricardo langlois

    9 septembre 2018 at 10:06

    merci Daniel pour tes connaissances
    un gros merci a Géo et a la communauté Facebook
    a Marie Desjardins très heureux pour ton magnifique bouquin
    aux lecteurs de poésie (Scott et les autres)

  4. Geo Giguere

    11 septembre 2018 at 1:15

    un comment recu de Pascal Cormier: bravos Ricardo pour ce texte qui me porte a vous écrire ceci: Avec les Beatles, Disons «Nowhere Man» pour le texte sublime, mais comment passer à côté de «Lucy in the Sky with Diamonds», «In My Life», «She Said, She Said», «Rain», «I Am the Walrus», «Across The Universe», «Come Together», «Revolution»…

    En solo : «Imagine» est évidemment LA chanson incontournable, un hymne universel comme il en existe très peu, presque à la hauteur de «l’Ode à la joie» de Beethoven. Sinon, «Plastic Ono Band» (aussi appelé «Mother») est un album extraordinaire, sans aucune faiblesse : il n’y a pas à choisir, il faut connaître ce disque par coeur! Presque aussi solides : l’album «Imagine», bien sûr, et le très sous-estimé «Walls and Bridges».

  5. Geo Giguere

    11 septembre 2018 at 1:19

    aussi de Pascale Cormier: Ça m’a toujours agacée, moi aussi, cette obstination a vouloir mettre la séparation des Beatles sur le dos de Yoko… Les Beatles ont eu l’intelligence et la sagesse de se retirer en pleine gloire, avant de devenir, comme tant de leurs collègues, des caricatures d’eux-mêmes en étirant indûment la sauce. Ils ont connu des carrières en solo tout à fait appréciables, même si aucun n’a eu l’impact des Beatles : l’époque avait changé, tout simplement…. Et puis, il suffit d’écouter leurs albums en solo pour comprendre qu’ils commençaient à étouffer dans la formule du groupe, et qu’ils avaient besoin chacun de voler de leurs propres ailes afin de poursuivre leur démarche personnelle.

    La vraie raison de la séparation des Beatles, c’est George qui l’a résumée dans le titre d’un de ses meilleurs albums : «All Things Must Pass»

  6. ricardo langlois

    12 septembre 2018 at 10:13

    Merci pour tous vos commentaires. Les Beatles (ensemble et séparément) ont été
    très important dans mon adolescence… Ils ont été des éléments précieux au
    mouvement de la contre-culture…

    merci de vos observations… elles sont justes !!!Merci a Géo (pour la retrans-
    cription)

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